[Technique] Le paillage / le mulch

Le mulch, ou paillis, est une couche de matériau protecteur posé sur le sol.

POURQUOI MULCHER ?

Principe de Bill Mollison : faire avec la nature et non contre elle.
Dans la nature, le sol est toujours couvert : des feuilles mortes dans la forêt (la litière), des plantes couvre-sol à la lisière de la forêt, des graminées dans les prairies. Après un écroulement de terrain ou un incendie, des plantes adaptées au nouveau milieu d’apparence hostile repeuplent très rapidement le sol. Cela permet de perpétuer le processus de création de sol et donc de vie, et de nourrir la microfaune du sol.

Mulcher, c’est donc imiter la nature et favoriser son fonctionnement, au service d’une activité maraîchère par exemple.

Principe 5 de D. Holmgren : utiliser et valoriser les services et ressources renouvelables

Ce principe va de pair avec le principe de Bill Mollison : « le moindre effort pour le plus grand changement ». Il s’agit d’identifier tous les matériaux, récupérés localement et avec la moindre dépense d’énergie (qu’elle soit humaine ou énergétique), qui permettent de couvrir le sol, comme par exemple, des branchages d’arbres (qui sont donc renouvelables).


Principe 6 de D. Holmgren : recycler les déchets

Le mulch, ou paillage, pour s’inscrire dans une démarche permaculturelle, doit se faire au maximum à l’aide de matériaux locaux et / ou de matériaux de récupération, c’est-à-dire qui auraient autrement fini en déchets.

De manière générale, le mulch, quand il est adapté :

  • régule la température du sol (protection contre le gel ou contre la sécheresse),
  • freine le développement des adventices,
  • ralentit l’évaporation de l’eau,
  • enrichit le sol en matière organique.




Avec quoi mulcher ?


Avec tous les résidus que l'on trouve sur place :

  • plantes indésirables (« mauvaises herbes » : chénopode, amaranthe, trèfle, pissenlit, rumex, etc) non grainées (pour éviter qu’elles ne repoussent dans les endroits paillés) ;
  • résidus des légumes récoltés
  • taille des arbres, arbustes
  • feuilles des arbres




Avec des matériaux de récupération :

  • cartons
  • déchets d’espaces verts, notamment BRF (bois raméal fragmenté)

Cartons (sans colle) récupérés dans les grandes surfaces. Ces cartons servent à séparer les bouteilles d’eau sur les palettes. S’ils ne sont pas récupérés, ils sont jetés. Ressource abondante dans tous les supermarchés de France. Ici, ces panneaux d’isorel ont été posés sur la prairie en juillet afin de l’étouffer. Ils seront retirés à la fin de l’hiver, la prairie aura été étouffée et se sera décomposée dans le sol, le nourrissant. Quelques coups de grelinette suffiront, et le mandala pourra être dessiné.



Paillage avec BRF :

  • lin
  • écorce


Avec des matériaux produits :

  • engrais verts
  • chanvre


Tous les mulch ont des caractéristiques propres en termes de :

  • durabilité : un paillis de broyat dure plus longtemps qu’un paillis de paille qui se décompose beaucoup plus rapidement,
  • d’intérêt pour la vie du sol : un mulch de fauche de luzerne est beaucoup plus riche pour la vie du sol qu’un mulch de fibres de noix de coco,
  • de propriété environnementale : la comparaison entre un paillage avec une bâche plastique et avec de la paille est sans appel.


Ainsi, le choix du mulch sera réalisé en fonction des besoins du site et des ressources accessibles à proximité. Par exemple, si vous avez repris une ferme et que vous trouvez dans celle-ci un tas de bâches noires en bon état, il est recommandé de s’en servir – à bon escient – plutôt que de les laisser s’abîmer sans être utilisées. Par contre, si vous ne vous trouvez pas dans une telle situation, vous chercherez bien évidemment à bâtir votre mulch à partir de matériaux locaux ou récupérés.



Cette fiche a été réalisée par Horizon Permaculture



Posté par MORET le 26-03-2018

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